Modif Lois du jeu 26-27 : l’essentiel à retenir !
Publié le 11/08/2026
MODIFICATIONS AUX LOIS DU JEU 2026-2027 – Cinq secondes, dix secondes, une minute… le football accélère !
De nouvelles règles pour lutter contre les pertes de temps, fluidifier le jeu et améliorer le comportement des acteurs.

La saison 2026-2027 marque une nouvelle étape dans l’évolution des Lois du Jeu. Après l’introduction, la saison dernière, de la limite de huit secondes imposée au gardien lorsqu’il contrôle le ballon à la main, l’International Football Association Board (IFAB) poursuit son offensive contre les pertes de temps.
Et cette fois, les changements sont particulièrement visibles.
Cinq secondes pour une touche. Cinq secondes pour un coup de pied de but. Dix secondes pour sortir lors d’un remplacement. Une minute avant de pouvoir revenir après certaines blessures.
Ces nouvelles dispositions ont déjà été expérimentées à grande échelle lors de la Coupe du Monde de la FIFA 2026, disputée aux États-Unis, au Canada et au Mexique. La FIFA a dressé un premier bilan très positif de ces mesures, qui ont été présentées aux équipes avant le début du tournoi.
Alors, concrètement, qu’est-ce qui change cette saison ?

5 SECONDES : LE NOUVEAU COMPTE À REBOURS
Après les huit secondes accordées au gardien pour libérer le ballon, le principe du compte à rebours s’étend désormais à deux autres reprises de jeu :
La rentrée de touche
Lorsqu’une équipe retarde délibérément l’exécution d’une rentrée de touche, l’arbitre peut lancer un décompte visuel de cinq secondes.
Le principe est simple :
5… 4… 3… 2… 1…
Si le ballon n’est pas remis en jeu au terme du compte à rebours, la rentrée de touche est accordée à l’équipe adverse, depuis le même endroit.
Et attention : l’arbitre ne doit pas nécessairement attendre que le joueur ait le ballon dans les mains. Si celui-ci prend volontairement trop de temps pour aller chercher le ballon ou se place délibérément au mauvais endroit, le décompte peut également être déclenché.
Une précision importante : le joueur n’est pas automatiquement averti pour avoir dépassé les cinq secondes. Le carton jaune intervient seulement s’il retarde ensuite excessivement la reprise accordée à l’adversaire.
Le coup de pied de but
Même principe… mais avec une conséquence encore plus spectaculaire.
Si une équipe retarde délibérément l’exécution de son coup de pied de but, l’arbitre déclenche son compte à rebours de cinq secondes.
Et si le ballon n’est toujours pas en jeu au terme du compte à rebours :
CORNER POUR L’ÉQUIPE ADVERSE !
Le corner est accordé du côté du terrain le plus proche de l’endroit où le coup de pied de but devait être exécuté.
Une mesure qui devrait rapidement faire réfléchir les joueurs tentés de faire traîner la reprise !
REMPLACEMENTS : 10 SECONDES POUR SORTIR !

Autre nouveauté particulièrement importante : le joueur remplacé dispose désormais de dix secondes pour quitter le terrain.
Le délai commence lorsque le panneau de remplacement est présenté ou, en l’absence de quatrième arbitre et de panneau, lorsque l’arbitre effectue le signal du remplacement.
Le joueur doit quitter le terrain par le point de la limite le plus proche de sa position, sauf autorisation de l’arbitre pour sortir ailleurs, notamment pour des raisons de sécurité ou en cas de blessure.
Et si les dix secondes sont dépassées ?
Le joueur doit tout de même sortir.
Mais son remplaçant devra patienter.
Le jeu reprend et le remplaçant ne pourra entrer qu’à la première interruption de jeu intervenant après qu’une minute de temps de jeu se soit écoulée.
Le remplacement, lui, n’est pas annulé et le remplaçant ne peut pas être changé.
Le joueur remplacé n’est averti que s’il retarde ensuite excessivement la reprise du jeu au-delà des dix secondes prévues.
Exception faite au gardien de but :
Si un gardien de but amené à être remplacé dépasse le délai de dix secondes, l’entrée en jeu du gardien remplaçant n’est pas retardée – la Loi 3 stipulant que chaque équipe doit compter un gardien de but –, mais le gardien remplacé est averti (carton jaune) pour avoir retardé la reprise du jeu.
L’objectif ?
Mettre fin aux sorties au ralenti, aux détours inutiles et aux changements de joueurs qui peuvent parfois prendre plusieurs dizaines de secondes, particulièrement lorsqu’une équipe cherche à préserver son avantage au score.
BLESSURES ET SOINS : UNE MINUTE HORS DU TERRAIN

C’est probablement l’une des mesures qui demandera le plus d’attention de la part des joueurs et des entraineurs (ou éducateurs).
Désormais, lorsqu’un joueur reçoit une évaluation ou des soins sur le terrain, ou lorsque sa blessure provoque une interruption du jeu, il doit quitter le terrain et ne pourra revenir qu’après qu’une minute de temps de jeu se soit écoulée.
Son retour reste soumis à l’autorisation de l’arbitre.
Si le ballon est en jeu, le joueur revient par la ligne de touche. S’il est hors du jeu, il peut revenir par n’importe quelle limite du terrain.
Mais pas question de pénaliser les vraies blessures !
Le protocole prévoit des exceptions importantes.
Un joueur peut notamment rester sur le terrain lorsqu’il s’agit :
- du gardien de but blessé ;
- d’une collision entre le gardien et un autre joueur nécessitant des soins ;
- d’une collision entre deux joueurs de la même équipe ;
- d’une blessure résultant d’une faute avec contact ayant entraîné un avertissement ou une exclusion de l’adversaire ;
- d’une situation grave nécessitant une intervention immédiate ;
- sur penalty le tireur blessé est le botteur.
L’objectif n’est donc pas de retarder la prise en charge médicale.
Il s’agit surtout de lutter contre l’utilisation tactique des blessures pour casser le rythme d’une rencontre.
Les deux cas où la minute ne s’applique pas au joueur :
- Le joueur refuse les soins (sauf si l’arbitre a arrêté le jeu pour sa blessure),
- Sortie spontanée du terrain pour être soigné à l’extérieur du terrain (à condition de ne pas retarder la reprise du jeu).
DOGSO : QUAND L’AVANTAGE DÉBOUCHE SUR UN BUT…

Autre situation qui mérite d’être rappelée aux arbitres et aux équipes : celle de la DOGSO, autrement dit la faute qui annihile une occasion de but manifeste.
L’IFAB précise notamment, dans les cas liés à certaines reprises de jeu, que si l’arbitre laisse l’avantage après une infraction de type DOGSO et que cette action permet finalement à l’équipe attaquante de marquer, le but est accordé et le joueur fautif n’est pas sanctionné d’un carton pour cette DOGSO.
Un exemple parlant : lors d’un coup de pied de but, si le gardien commet une seconde touche irrégulière qui constitue une DOGSO, mais que le ballon revient malgré tout vers l’attaquant et que celui-ci marque, l’avantage est appliqué : but accordé, pas de carton rouge ou jaune pour la DOGSO.
L’idée est simple : si l’équipe victime de la faute obtient finalement le bénéfice recherché — le but — il n’y a pas lieu d’ajouter une sanction disciplinaire liée à cette DOGSO (tirage de maillot, main, contact physique sans danger…).
Précision : les fautes avec impact physique commises de manière “inconsidérée = jaune” ne sont pas concernées (Ex : tacle appuyé avec un risque de blessure sur l’adversaire).
L’AVANTAGE SUR REMISE EN JEU MAL EFFECTUEE : UNE PRÉCISION IMPORTANTE

L’IFAB apporte également une clarification intéressante concernant la règle de l’avantage.
L’arbitre peut désormais confirmer explicitement qu’il peut laisser jouer lorsqu’une reprise de jeu a été effectuée incorrectement, dès lors que le ballon est en jeu et que l’équipe adverse récupère immédiatement une situation avantageuse.
Cela peut concerner notamment une touche, un coup franc ou une autre reprise.
En clair : une mauvaise reprise de jeu ne signifie pas forcément que l’arbitre doit immédiatement arrêter l’action si l’adversaire récupère le ballon et bénéficie clairement de la situation.
ÉQUIPEMENT : LES « BIJOUX » ÉVOLUENT

Autre changement moins spectaculaire, mais qui pourra avoir son importance lors des contrôles d’avant-match.
Les Lois du Jeu ne parlent désormais plus uniquement de « bijoux ». Le principe devient celui des accessoires.
Un accessoire peut être autorisé s’il :
- ne présente aucun danger ;
- est correctement et solidement couvert lorsque cela est nécessaire.
En revanche, un objet dangereux reste interdit et ne peut pas simplement être recouvert de ruban adhésif pour le rendre acceptable.
Cette évolution vise notamment à éviter les difficultés d’interprétation et les applications différentes selon les compétitions, tout en tenant compte de certains objets portés pour des raisons médicales, culturelles, religieuses ou personnelles.
La règle se résume à une question : l’objet présente-t-il un risque pour la sécurité ? Exemple : Boucle d’oreille recouverte d’un sparadrap = est maintenant autorisé.
ET LE POSITIONNEMENT DE L’ARBITRE AU COUP D’ENVOI ?

L’arbitre peut désormais se placer à gauche et en retrait du ballon dans le camp de l’exécutant ou dans le camp adverse au même niveau, selon l’angle de vision.
L’arbitre choisit librement le positionnement qui lui offre le meilleur angle de vision.
LA COUPE DU MONDE 2026 COMME PREMIER GRAND TEST
Ces nouvelles mesures n’arrivent pas totalement dans l’inconnu.
Elles ont été mises en œuvre lors de la Coupe du Monde 2026 et ont fait l’objet d’une attention particulière de la part de la FIFA.
Pierluigi Collina, président de la Commission des arbitres de la FIFA, a notamment souligné l’efficacité des nouvelles mesures contre les pertes de temps : les cinq secondes pour les touches et coups de pied de but, les dix secondes pour les sorties de joueurs remplacés et la minute liée aux blessures ont été jugées très positivement.
La compétition a donc constitué une première grande expérience grandeur nature avant leur généralisation dans les Lois du Jeu 2026-2027.
L’ESSENTIEL À RETENIR
Pour les joueurs, éducateurs, entraîneurs, dirigeants et arbitres, voici le petit mémo à conserver avant la reprise :
| Situation | Délai | Conséquence |
|---|---|---|
| 🧤 Gardien qui conserve le ballon à la main | 8 secondes | Corner pour l’adversaire |
| 🖐️ Rentrée de touche volontairement retardée | 5 secondes | Touche à l’adversaire |
| 🥅 Coup de pied de but retardé | 5 secondes | Corner pour l’adversaire |
| 🔄 Sortie lors d’un remplacement | 10 secondes | Remplaçant bloqué jusqu’à la 1re interruption après 1 minute |
| 🩹 Blessure nécessitant arrêt/soins sur le terrain | 1 minute | Joueur temporairement hors du terrain |
| 👥 « Seul le capitaine » | 2027 | Obligatoire dans toutes les compétitions à partir du 1er juillet 2027 (Dispositif déjà applicable dans nos compétitions) |
UNE PHILOSOPHIE QUI NE CHANGE PAS : JOUER !
Au-delà de toutes ces secondes et de toutes ces procédures, le message de l’IFAB est finalement très simple :
LE FOOTBALL DOIT SE JOUER.
Après les huit secondes imposées aux gardiens, les Lois du Jeu s’attaquent désormais aux autres situations susceptibles de ralentir le rythme d’une rencontre.
Une touche qui traîne.
Un coup de pied de but qui attend.
Un remplacement effectué au ralenti.
Une blessure qui provoque systématiquement une longue interruption.
Chaque situation peut désormais être encadrée plus précisément.
Pour les joueurs et les équipes, le message est donc clair : il faudra s’habituer à jouer plus vite et à respecter davantage les temps impartis.
Pour les arbitres, le défi sera différent : appliquer ces nouvelles dispositions avec pédagogie, discernement et cohérence, tout en gardant ce qui fait l’essence du football : laisser jouer lorsque le jeu peut continuer.
Et une chose est déjà certaine : CETTE SAISON, CHAQUE SECONDE VA COMPTER !

